Google Wave, un échec?
J’ai été un peu choqué de voir que ReadWriteWeb considère Google Wave comme étant un échec. Encore plus quand ils affirment qu’ils ne connaissent aucun geek ayant salivé pour avoir une invitation à la béta.
J’ai, personnellement, salivé et je ne connais pas un seul geek n’ayant pas salivé pour en avoir une.
Le constat qu’ils tiennent sur Google Wave, finalement, c’est que l’outil n’est pas devenu populaire et qu’il n’a pas buzzé. Évidement, venant de Google, les attentes sont hautes… Mais rappelons-nous que Wave est toujours sur invitation et que gmail, lui même, à mis plusieurs années à devenir mainstream (et il ne l’est pas tant que ça comparé à hotmail).
Pourquoi Google Wave ne deviendra probablement pas mainstream d’ici quelques années.
La première raison, c’est que Google Wave n’utilise pas de standards existants permettant à d’autres entreprises de proposer une application compatible facilement. Tout se passe donc entre une personne utilisant Google Wave et une autre personne utilisant Google Wave. Le protocole et une bonne partie du cahier des spécifications existent, les brevets sont libres d’utilisations, tout comme le nom. Mais rien de tout ça ne peut être adopté massivement avant qu’une demande concrète n’émerge du marché.
Cette demande viendra des entreprises qui chercheront dans Google Wave une solution collaborative intégré à l’environnement de travail. Particulièrement dans le cadre associatif et coopératif, ce type de solution est optimale et j’attends avec impatience les premières extensions qui permettront de faire la gestion des comptes courants, des heures et du personnel directement depuis cette interface. En animation et gestion de communauté, l’outil a tout le potentiel de devenir un vrai quartier général, et je recommande à tout animateur de communauté de s’investir dans cette application.
La deuxième raison, c’est qu’une grande partie des internautes sont encore sur hotmail et msn, utilisant les solutions qui leurs sont présentées par défauts. Le web est encore jeune et, comme j’en parlais dans un récent billet, il y a encore une certaine éducation à faire et une certaine conscience à prendre face à lui…
Si on passe 20 heures et plus par semaine sur un navigateur (ce qui finira par arriver pour une bonne partie de la population active), il est judicieux et intelligent de choisir son navigateur avec au moins autant de soin qu’on choisit son téléphone cellulaire. Et à force de passer ses journées à écrire des emails, on finira bien par choisir avec autant de soin son système de messagerie…
Finalement, Wave risque d’ouvrir une guerre des clients de messageries évoluées (contextuelles et collaboratives) comme ça c’est fait entre les navigateurs à l’époque de Netscape, ce qui retardera encore son implantation mainstream. Mais elle aura le bénéfice de pousser à l’innovation tous les acteurs actuels du marché (assez stagnant d’ailleurs). Facebook a tout intérêt à proposer une solution équivalente puisque le site est déjà purement contextuel. Il proposera sans doute une conception inverse de Wave (centralisation, flux spécifiques) qui héritera de sa logique interne (décentralisation, flux intégrés). Dans Wave, on mettra à jour son blog et on enverra des messages; dans Wavebook (aller… je m’essaie!), c’est le moteur de blog qui viendra se mettre à jour et les messages seront différenciés en fonction de l’objet (image, wall, notes…).
Faites-vous plaisir, confrontez mon point de vue ;) (même si vous êtes d’accord)
